La perfection du tir de Mathias Enard

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Ce bouquin je l’ai lu à 13h, à minuit, deux pages, 100 pages… il m’a dérangé, je ne l’ai pas quitté. Dans ma veste, dans mon sac… il fallait absolument que je m’imprègne de cette atmosphère de guerre et de passion amoureuse.
Il est puissant et dur.

Il me rappelle ce film, de 1995, avec pour rôle principal Sean Penn, « La dernière marche ». Une femme accompagne un condamné à mort jusqu’à la fin. Il lui raconte sa vie ; elle se déroule face à nous. C’est avec empathie et prise de conscience qu’on s’attache à ce criminel.
La question de la peine de la mort s’est imposée à moi à cette époque. Je ne pense pas que la peine de mort soit la réponse à toutes formes de barbarie. A contrario, je pense que la violence a sa raison d’être. Mais c’est un débat très délicat et je ne tenterais pas d’argumenter, ce soir sur ce blog, mon opinion sur le sujet (plantage et incompréhension assurés).

Résumé du livre

« En pleine guerre civile, la double quête d’un sniper cherchant à atteindre la perfection dans son “art” et le bonheur dans l’amour qu’il veut imposer à Myrna, une toute jeune domestique. »
« Mathias Enard décrit avec une saisissante empathie la psyché de son héros, complexe et perturbée. Le réalisme et la paradoxale poésie de sa langue reflètent la cruauté d’un monde abandonné au mal, sans autre bonheur que l’excellence dans l’art d’imposer inexorablement la loi de la force. »

Mon avis, mon ressenti…
Imposer un amour à quelqu’un, voilà quelque chose de terrible et violent. Cet instinct de dominance pour assouvir un plaisir. Aimer quelqu’un parce qu’on envie cet être. On aimerait le posséder, l’avoir près de soi. Quelles sont les stratégies, les agressions, les séductions que l’on va mettre en place pour attirer cette personne ?.
Le plus difficile dans cette conquête est d’accepter, sans inhibition, la perte ou le seul fait de ne pas être aimé en retour.

Extraits que j’aime terrrrrriblement
« Au fond personne ne vous comprend jamais. On entretient sagement l’illusion, le mensonge, mais tout le monde sait que la vérité est ailleurs, dans cette colline entrouverte, dans la vitesse de la balle et du désir. L’impact, la réalité du sang, les quelques secondes de mort, de vie où tout se mêle, voilà l’important. Peu importe comment on l’obtient. La plupart de ceux que j’ai tués n’ont vécu que pendant les trois secondes où je les regardais. Ce sont des fantômes, des personnages, des masques qui ne savent rien voir. Je les fais vivre en les regardant, je les anime en les tuant. C’est une contradiction, quelque chose que moi-même je ne saisis pas tout à fait. Mais j’irai jusqu’au bout. »

« Le désir d’un corps, d’un visage, d’une bouche est juste la partie tangible de la nuit qui nous habite, c’est un volcan qui expulse de l’océan ses laves et ses cendres autour de son cratère ; je voyais apparaître des fissures orangées dans ma conscience, des bouillonnements contradictoires qui provoquaient des raz-de-marée d’émotion et de colère et je sentais clairement que Myrna faisait tout voler en éclats, dans un va-et-vient obscène de la vie vers la mort. »

L’auteur, Mathias Enard est né en 1972. Il vit à Barcelone. Il a fait de long séjour au Moyen-Orient, a étudié le persan et l’arabe.

bonne soirée

3 pensées sur “La perfection du tir de Mathias Enard”

  1. Comme Koalisa, tu m’intrigues… Je le noire pour une future lecture (vu ma PAL, dans 1 an, quoi!).Bisouuuus

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