La porte des enfers de Laurent Gaudé

On compte des jours, des mois où rien ne se passe. Tu oublies ton corps et ton esprit. Tu laisses la place aux habitudes. Petits tracas de la vie. Tu avances et c’est bien assez.
C’est un oubli qui te convient. Oublier pour mieux avancer.
C’est humain et ça t’évite un chaos. Le danger de trop penser.

Hier, j’aimais t’écrire le matin très tôt. Aujourd’hui j’aime rester tard. J’écoute les bruits de la rue, les gueules saoules et les adolescents qui traînent en mobylette. J’avais oublié quelques bruits de la ville.
Et peut-être qu’un jour, j’oublierai de nouveau cette ambiance.

Ce que je sais… maintenant… c’est que rien ne ressemble au présent. On l’oublie trop souvent. Non tu ne trouves pas ? chaque geste, chaque regard… parfois tout ça te rattrape avec violence. Tu ne les as pas vu arriver. Je ne retrouve pas les mêmes saveurs, les mêmes résonances. C’est peut-être ça de vieillir… ou ce n’est juste que quelques facteurs de l’été qui nous étourdissent. Mystère.

Le mystère de la vie. ou de la mort. J’ai lu un livre magnifique. ça m’a semblé tellement évident. Je fuis l’ésotérisme et toutes croyances. Mais me plonger quelques heures avec cet auteur m’a réconfortée. ça apaise et ça calme. ça permet de prendre le large.

Je cite :
 »
Garibaldo avait posé sa question au curé entre deux bouchées. Il regardait le vieillard avec une curiosité d’enfant.
« Après quarante ans de confession, j’en suis certain, répondit le vieil homme avec un air malicieux. Vous n’imaginez pas le nombre de paroissiens que j’ai pu écouter et pour qui, au fond, la vie n’est plus rien. Ils ne se rendent même plus compte, mais tout ce dont ils parlent, c’est une triste succession de petites craintes et d’habitudes. Plus rien ne bouge en eux. Plus rien qui bouillonne ou remue. Les jours se succèdent les uns aux autres. Il n’y a plus aucune vie dans tout cela. Des ombres. Rien que des ombres. Pendant quarante ans, je les ai vues défiler sur le banc de mon confessionnal. La plupart n’avaient plus grand-chose à dire. Ils se sentaient voûtés par un ennui pesant mais n’avaient rien à raconter. Ni désir violent, ni crime, ni bouillonnement intérieur. Juste quelques sales petites turpitudes. Heureusement que le corps vieillit ! »

Présentation
Au lendemain d’une fusillade à Naples, Matteo voit s’effondrer toute raison d’être : son petit garçon est mort….

Ce livre ne traite pas de notre façon d’appréhender la vie… je le vois plus comme le désir de vivre face à la mort. Quel est le plus important ? vivre avec ses morts ou vouloir au plus profond de soi les faire revenir.

Faire revenir les morts n’est pas chose facile. Il est même parfois impossible à faire revenir les vivants….
Une dernière phrase : « Tu souriras d’un sourire vieux de mille ans mais qui aura la lumière du premier jour du monde. »

Un roman magnifique que je vous conseille.

bye bye. Bonne nuit

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12 réflexions sur « La porte des enfers de Laurent Gaudé »

    1. Il est assez dur. Pour certains passages je me suis arrêtée en me disant de prendre du recul. De me répéter que ce n’est que de la fiction ..
      Bises Laurette. Bonne journée pluvieuse beuuuuh

  1. Oh merci ! J’avais adoré « le tigre bleu de l’Euphrate » de Gaudé, magistralement interprété par Tcheky Karyo. Quel texte !

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