Douleur et Gloire de Pedro Almodovar

Almodovar a le pouvoir de balayer tout préjugé avec beauté et passion. Ces long-métrages nous réapprennent à apprécier la complexité des hommes et des femmes… nous parlent avec poésie de famille, de mort et de désir parfois destructeur. Douleur et Gloire de Pedro Almodovar est un film sensible sur la vie, qui parle à tous.

Une rencontre, un échange, les premières minutes sont cruciales. On parle même des premières secondes. Cette théorie me met mal à l’aise. Notre besoin de tout analyser et maîtriser ses sentiments si vite. Pourtant, les 10 premières minutes de Douleur et Gloire m’ont semblé ternes, fades avec cet acteur déprimé dans un décor kitch. Je me suis demandée ce qui m’avait poussé à m’installer dans ce fauteuil rouge ciné. Me farcir un film pour de dépressifs retraités pendant deux heures était ma dernière bonne mauvaise idée. Et puis, c’est tout mon corps qui s’est connecté avec l’acteur. Antonio Banderas. Ses faiblesses et sa nostalgie m’ont touchée. Cette œuvre est puissante sans grand effet dramatique. Je l’ai trouvais juste et tellement humaine. Ce style romanesque décoré de couleurs vives et musiques latines ont apporté de la vie dans ces moments de mélancolie. Ce récit autobiographique raconté en présence de merveilleux acteurs mérite toute l’attention du public. En effet, j’ai oublié totalement qui était Antonio Banderas… et j’ai pensé à son réalisateur. J’ai mis de côté toute son histoire d’acteur. J’aime Antonio Banderas mais je l’ai toujours trouvé un peu rude, disons fort et avec (bcp) caractère. J’ai aimé ce rôle plus fragile. Son meilleur rôle. Je n’étais pas surprise lorsque le Festival de Cannes lui a décerné la Palme d’Or de la meilleure interprétation masculine.

Je suis ressortie de la salle en me jurant de ne plus (d’essayer..) juger les gens dès les premières secondes. J’ai retrouvé le gris des pavés de ma ville après la pluie. Ce gris était un peu teinté de rose et de bleu turquoise. Du soleil et le refrain de la chanteuse italienne Mina m’accompagnaient sur le chemin du retour. J’ai pensé (encore) à ces personnes parties trop vite, sans un aurevoir. Douleur et Gloire, ce film est beau car il aide à ne rien regretter et à pardonner. A tous ces gens.