Les auberges de jeunesse sont-ils réservées qu’aux jeunes ?

JO&JOE Hossegor a la réponse

Grand départ avec ma Guzzi Milano

Début juin, une envie pressante de prendre Roberto par le bras et de partir hors des frontières bretonnes.
Je ne sais pas quelle mouche m’a piquée. sachant que je n’avais jamais quitté mon Finistère seule en moto.
Au début l’homme ne me prenait pas trop au sérieux. La panique l’a envahi quand une semaine avant de partir, j’étais toujours décidée. Je ris doucement (il ne m’en voudra pas) quand je revois sa tête me demandant « et comment tu vas faire pour… » « tu as pensé à … » moi lui répondre « chais pas… ».
Le monde ne tournait plus rond ! il devenait fou.
Me voilà partie. l’homme est inquiet mais il comprend. Arrivée à Hossegor le lendemain. Plutôt fatiguée par les bouchons de Bordeaux, les orages, et ses gants qui collent au péage !! mais tellement heureuse avec Roberto on formait un duo de choc. Cette machine m’attendait c’est sûr.

Quimper-Hossegor – contente d’être arrivée avec ma Guzzi MILANO 750
Jo&Joe Hossegor @jo&joe

Maison landaise à deux pas de la mer

Je n’avais rien réservé pour mon arrivée. ne sachant pas où j’allais arriver en fait. Je regarde sur le portable. tiens une auberge de jeunesse sympa, vu à la télé dans l’émission La Maison France 5. Son nom est plutôt rigolo : JO&JOE
J’hésite.
Dans le mot auberge de jeunesse il y a jeunesse.
Après tout, après avoir traversé la France saine et sauve, est-ce qu’un vent (non madame après 35 ans on accepte pas les seniors) pouvait bien m’atteindre ?
Are you talking to me ? Savent-ils que j’ai environ 30 ans dans ma tête… (20 parfois à partir de 4 Sex on the beach).
Le prix est surtout alléchant. n’ayant pas tout… enfin rien prévu en fait… etc… désolé je suis geek, pas comptable.

Dortoir de filles – impec – propre et très pratique (rideau occultant/prises USB)

Le coton tige dans le nez pour le test, me voilà au chaud dans le dortoir réservé aux filles (il existe des chambres individuelles). le bonheur. l’endroit est extra, coloré, joyeux, ma voisine adorable. Elle est d’une grande gentillesse. elle ressemble à ma lolita. je ne pouvais pas rêver mieux. Et comme la vie est bien faite, elle adore la moto. partage cette passion avec son père depuis toute petite. Elle fait partie du moto club de Pecquencourt. un grand salon de la moto a lieu tous les ans (une idée de vacances 😉

T’es pas jeune, pas surfeuse, qu’importe !


L’auberge JO&JOE est quand même unique ! à 5 min de la plage, tu peux aller surfer ou accéder rapidement au centre ville. Un superbe bar paillote, des burgers délicieux, des gros poufs pour glander, des DJ set. impect pour les générations Y Z !. Certains un peu surpris de me voir là (tous n’ont pas un esprit routard et passe leur été dans les canapés aux frais de papa maman. La jeunesse ne fait pas le jeune).
J’ai super bien dormi (très important quand même !).
Merci à l’ensemble du staff pour leur accueil et nos discussions sur les sirènes et les tritons. Ma moto a été bien gardée sur le parking privé (même si j’ai pu comprendre avec le boss qu’il n’était pas trop branché moto. ça arrive ce n’est pas un défaut- je me force à l’écrire je suis dans la com aahaa).

Sur la route 66 d’Éric Sarner

Que reste-t-il du rêve américain ?

Sur la route 66, Petites fictions d’Amérique

« L’espace américain sidère. On a beau l’avoir vu cent fois au cinéma et même l’avoir physiquement traversé, la nature vous y attrape chaque fois à la gorge. »

Eric Sarner

Eric Sarner est journaliste, poète et aventurier. Ces trois caractéristiques m’intéressent. Il est rare qu’on place à côté du mot journaliste le mot poète. Comme si cela était trop abstrait, ne rentrant dans aucune case. Triste uniformisation sociale.

Né en 43 à Alger, il écrit, filme, raconte, nous aide à nous interroger et à rêver.

Le voyage peut être douloureux car il ne livre pas toute la magie attendue. Les rencontres ne se font pas, la tension est palpable, les rues sont vides et même la lumière vous oppresse ou vous évite. Lorsque j’ai embarqué dans sa voiture à Chicago j’étais pleine d’espoir. Au fil des pages, je me suis demandée ce que je foutais là à trainer dans des motels, des souvenirs de la 66 made in China. Les petites fictions de Monsieur Sarner glissaient sur moi. J’avais envie d’un billet retour. Les Amériques c’est pas pour moi.

Rêve ou cauchemar ?

Et puis je me suis accrochée à la portière. Ce n’était pas possible de finir au beau milieu de cette route comme une chienne abandonnée par ses maitres en plein mois d’août. Je me sentis mieux au Nouveau Mexique et aux milieux de ces grands espaces, à l’Ouest toute. Une Bretonne a besoin d’horizon.

Rester deux nuits à El Rancho hotel à Gallup. Rencontrer le peuple Zuni. Relire les passages sur le Diablo Canyon. Se renseigner sur quelques sites sacrés des Navajos et des Apaches.
S’éterniser en Arizona. Flâner à Flagstaff mais éviter ces shops d’armes, dormir à l’hôtel Monte Vista et trembler aux moindres craquement de poutres.
Partager une ou deux bières avec Ana Maria à Seligman ferait aussi partie de ce voyage à la Sarner…

Je garde précieusement ce livre. Il fera partie un jour j’espère de mon road trip.

Découvrez aussi son documentaire pour France 5, lauréat de la Scam en 2007.

Que reste-t-il au bout de la route, ici, à 3 645 km de Chicago ?
J’ai aimé comme toujours la route pour elle-même, comme une image de la vie. Chez les personnes, j’ai aimé cette spontanéité, leur générosité immédiate dans la communication. La plupart du temps, je me suis senti étranger dans les grandes villes, chaque fois que je sortais de la vieille 66. Alors est-ce un pays que j’ai regardé ou plutôt un rêve que j’ai suivi. Comme si en choisissant une route démodée, j’avais traversé une Amérique idéale, presque une illusion…

Eric Sarner – La route 66, le rêve américain