Darc en lumière, le film

Film documentaire réalisé par Marc Dufaud et Thierry Villeneuve, en salle le 24 juillet 2019. « il m’a fallu un peu de temps avant d’avoir envie de faire ce film… » nous confie Marc Dufaud. Sans doute qu’il faut aussi un peu de temps avant de réaliser le décès d’un homme tel que Daniel Darc.

Cinéma : Daniel Darc “Pieces of my life”

Réaliser sa mort comme réaliser son film. Lui qui cohabitait avec la faucheuse sans l’autoriser à le cueillir, cutter au poing. La pauvre prédatrice a souvent dû perdre son latin avec ce diablotin. Et ses amis ont dû s’habituer à ce borderline trip.

De longues bobines de films couleur jean délavé, la voix de Marc Dufaud nous raconte 25 ans d’amitié. Comme un cadet poursuivant son frangin rimbaldien, il refait vivre l’artiste punk parisien dans les ruelles et les salles de concert. Il revient dans son appartement vidé, ouvre la fenêtre pour nous offrir de son intimité.

Décédé en février 2013 à l’âge de 53 ans, Daniel Darc manque à ses potes mais aussi au public. Le film est beau et touchant comme ce garçon. Sa présence flegmatique caractérisée par son esprit libre tranche si joliment avec son âme d’écorché.

De Taxi Girl à Darc

Entre Daniel Darc et moi c’était souvent trop tôt ou trop tard. Taxi Girl trop tôt pour le suivre sur la route des concerts. Mais déjà je savais apprécier ses textes et notes rock dans le paysage de la chanson française comme Bashung et les Ritas.

1997 passe et avec elle l’album « Nijinsky ». Trop tard. Je n’ai pas de souvenir de leur tournée avec les Weird Sins et George Betzounis, guitariste.

Enfin le rendez-vous est pris. 2007, l’album Crèvecœur produit par Frédéric Lo. Je me souviens, je me rappelle l’écouter en boucle, et me dire enfin : ça fait du bien ! au lieu de nous servir de la… !

La fin des poètes

Est-ce la fin d’une époque, des poètes, des anticonformistes, des punks et rockeurs. La fin d’une génération. Reste quelques rescapés comme Arno, Thiéfaine…

Daniel Darc, une écriture sincère implorant ses démons, une écriture pour étouffer le diable et délivrer ses ancêtres des fils barbelés ensanglantés. Lui né dans une famille de déportés juifs. C’est auprès de son dieu qu’il trouve enfin le repos.

La vieille qui conduisait des motos d’Anne-France DAUTHEVILLE

Le 13 juillet dernier, Anne-France Dautheville présentait son dernier livre « La vieille qui conduisait des motos » à l’Ecole des Filles à Huelgoat. Anne-France Dautheville est journaliste, écrivaine, motarde et aventurière (les qualificatifs manquent ! tellement elle est inspirante). Elle est la première femme à avoir fait le tour du monde en moto, début des années 70.

Le livre pour (se rappeler) d’aimer la vie

Voilà maintenant une dizaine d’années que je fréquente l’Ecole des Filles à Huelgoat, lieu culturel en centre Bretagne. J’ai retrouvé trace sur mon blog d’un premier billet écrit en 2010. Cette ancienne école, tenue aujourd’hui par Françoise Livinec, a un impressionnant pouvoir d’attraction. Au-delà des conférences exceptionnelles proposées l’été, ce lieu a beaucoup de charme. Et les femmes et les hommes qui parlent de leurs œuvres, du monde, qui exposent leurs peintures, leurs dessins agrémentent l’école d’ondes positives par leur art et leur enseignement.

Voir des Vrais gens

Je l’avoue (et je le lui ai avoué) je ne connaissais pas Anne-France la motarde. Je pourrais effectivement éplucher tous les blogs et les sites à la recherche de femmes motardes célèbres. Et vous copier-coller leurs histoires, photos, piquées sur Wikipédia. Oui mais non. Ça ne m’intéresse pas. J’ai besoin de me frotter à l’humain. Depuis mes dernières (rares) interviews, je suis devenue accro. J’aime « me frotter » à la chair humaine. L’enrichissement personnel est multiplié par 150 dix milles. Même une déception (gentil sur le papier mais en direct un vrai blaireau avec toute sa machinerie…) est profitable ; ça aide à grandir. On me dit souvent que je suis une femme enfant. C’est le plus beau compliment que l’on puisse me faire. En effet, j’ai encore de belles choses à apprendre et des gens formidables à rencontrer. L’innocence m’apaise.

La conférence du 13 juillet 2019 : Rêve et réussite

Le jour de la conférence, nous sommes arrivés en avance. Je n’avais pas remarqué qu’elle s’était assise en face de nous en attendant de rejoindre son pupitre. Je ne sais pas si c’est un hasard, mais elle s’est retournée au moment où mon cher et tendre me demande (en me montrant une page du programme de l’été) si c’est bien « cette jeune écrivaine qui couche avec Marc Lavoine ». Petit moment de solitude lorsqu’elle se lève et rejoint l’estrade. Elle s’est peut-être dit qu’on était deux gentils abrutis…

L’entrevue débute. Elle commence par nous parler de lichen trouvé dans la forêt d’Huelgoat. J’avoue me sentir désorientée dès les premières secondes. Puis Symbiose, Entraide, Interdépendance, Différence, Amour aussi… voilà je suis embarquée, l’engrenage du circuit prend vie. Anne-France Dautheville parle avec poésie. Elle manie les mots, les sons avec finesse et beauté. Avec elle, même la pire des grossièretés serait dite avec classe. Je n’ai pas cette qualité, je suis tellement brute de décoffrage. En l’écoutant, je me suis sentie plus légère, plus jolie. Elle me ravit.

Séance Dédicace

Moment mortifère. Son livre à la main, l’héroïne offre de son temps pour une séance dédicace. Mes muscles commencent à se crisper et tous mes neurones foutent le camp. Les salauds. Ils se tirent, galopant, les lâches. Je suis là comme un rond de serviette qui s’accroche à son bouquin (j’existe j’ai acheté !!). Qu’est-ce que je vais lui dire !… alors forcément on dit toujours des conneries. Dans le fil de la conversation, elle me dit quelque chose qui m’a un peu secouée (mais j’aime ça, ça me remet d’aplomb) : je lui dis que « c’est courageux ! qu’est-ce que j’aimerais le faire… partir en moto dans des pays lointains… mais j’en serais incapable ! j’ai trop peur »… elle me répond du tac au tac « si les gens ont peur c’est qu’ils ne sont pas fait pour cela ». Je suis déçue de cet échange. Car d’une part, ma remarque était idiote, je n’ai pas peur des gens, de partir, d’aller à la rencontre de.. d’autre part, c’est une peur exprimant la peur de manquer. Manquer d’argent pour une réparation, manquer le virage… que la famille me manque (venez me chercher, je suis coincée dans un fossé !!). C’est mon petit confort de vie, rempli d’amour qui me ramène sur le chemin du garage. Alors peut-être que je ne suis pas faite pour cela… mais je ne suis pas convaincue, qui sait…

« La vieille qui conduisait des motos » mais pas que

Son livre parle de son road trip en moto. Pour ses 60 ans, elle enfourche sa teutonne, une 800 BMW, et part faire le tour des copains. Pour son passage auprès des amis, elle demande « une cuite et un gâteau » sinon rien. J’ai adoré son livre plein de clins d’œil, d’humour, de sensibilité, d’humanité. Quelle force, quelle singularité, quel optimisme. Cela faisait longtemps qu’un livre ne m’avait pas redonné vie et le goût de lire.

Il parle de motos, de rencontres, aussi de société, de psychiatrie, de croques monsieur, de féminité, de vieillesse, du temps, des arbres, de sexe un peu aussi !

Extraits

« …Depuis quelques années, notre société opère une immense mutation. Nous étions bien tranquilles à l’intérieur de nos frontières quand le monde a déferlé chez nous. Des immigrés avec ou sans papiers, des produits moins chers qui torpillent nos productions, des idées qui bousculent nos certitudes. Nous vivons petit, il nous faut penser grand. Toutes les sociétés qui mutent se radicalisent, se recentrent sur des peurs…»

« …Tu seras un homme, ma fille ! Cette phrase n’a jamais été prononcée, mais elle résume mon éducation. Les femmes convenables sont des êtres incapables de réflexion, de discipline et de compétence. La preuve : celles qui gagnent de l’argent sont des Juives ou des grues. Je suis partie dans la vie tout de travers, corps de femme, goût des hommes, interdite de féminité… »

Merci

Merci à elle pour tous ces partages de bonheur et de doute. Je suis fan.

Douleur et Gloire de Pedro Almodovar

Almodovar a le pouvoir de balayer tout préjugé avec beauté et passion. Ces long-métrages nous réapprennent à apprécier la complexité des hommes et des femmes… nous parlent avec poésie de famille, de mort et de désir parfois destructeur. Douleur et Gloire de Pedro Almodovar est un film sensible sur la vie, qui parle à tous.

Une rencontre, un échange, les premières minutes sont cruciales. On parle même des premières secondes. Cette théorie me met mal à l’aise. Notre besoin de tout analyser et maîtriser ses sentiments si vite. Pourtant, les 10 premières minutes de Douleur et Gloire m’ont semblé ternes, fades avec cet acteur déprimé dans un décor kitch. Je me suis demandée ce qui m’avait poussé à m’installer dans ce fauteuil rouge ciné. Me farcir un film pour de dépressifs retraités pendant deux heures était ma dernière bonne mauvaise idée. Et puis, c’est tout mon corps qui s’est connecté avec l’acteur. Antonio Banderas. Ses faiblesses et sa nostalgie m’ont touchée. Cette œuvre est puissante sans grand effet dramatique. Je l’ai trouvais juste et tellement humaine. Ce style romanesque décoré de couleurs vives et musiques latines ont apporté de la vie dans ces moments de mélancolie. Ce récit autobiographique raconté en présence de merveilleux acteurs mérite toute l’attention du public. En effet, j’ai oublié totalement qui était Antonio Banderas… et j’ai pensé à son réalisateur. J’ai mis de côté toute son histoire d’acteur. J’aime Antonio Banderas mais je l’ai toujours trouvé un peu rude, disons fort et avec (bcp) caractère. J’ai aimé ce rôle plus fragile. Son meilleur rôle. Je n’étais pas surprise lorsque le Festival de Cannes lui a décerné la Palme d’Or de la meilleure interprétation masculine.

Je suis ressortie de la salle en me jurant de ne plus (d’essayer..) juger les gens dès les premières secondes. J’ai retrouvé le gris des pavés de ma ville après la pluie. Ce gris était un peu teinté de rose et de bleu turquoise. Du soleil et le refrain de la chanteuse italienne Mina m’accompagnaient sur le chemin du retour. J’ai pensé (encore) à ces personnes parties trop vite, sans un aurevoir. Douleur et Gloire, ce film est beau car il aide à ne rien regretter et à pardonner. A tous ces gens.

Beach Break au Dossen // Café et Surfshop

Un shop, un café, une terrasse face à une île…le vent, la mer… qu’est ce qu’on est bien au Dossen. Premier surf shop dans la région de Morlaix, nous avons eu un coup de cœur pour ce lieu branché. Enfin en Finistère nord ! près d’un spot de surf apprécié, il était temps. Continuer la lecture de « Beach Break au Dossen // Café et Surfshop »

Only Lovers Records

Vacances, monoï et planches de surf, tous ces ingrédients me donnent l’envie de vous parler MUZZZIQUE. Le label ONLY LOVERS RECORDS ouvre de nouveaux horizons (les nôtres sont parfois bouchés par une diffusion radio ou TV répétée de pop stars). Tout d’abord, une belle présentation, puis parlons un peu de Sunflowers, groupe portugais qui déchire : Continuer la lecture de « Only Lovers Records »