Sur la route 66 d’Éric Sarner

Que reste-t-il du rêve américain ?

Sur la route 66, Petites fictions d’Amérique

« L’espace américain sidère. On a beau l’avoir vu cent fois au cinéma et même l’avoir physiquement traversé, la nature vous y attrape chaque fois à la gorge. »

Eric Sarner

Eric Sarner est journaliste, poète et aventurier. Ces trois caractéristiques m’intéressent. Il est rare qu’on place à côté du mot journaliste le mot poète. Comme si cela était trop abstrait, ne rentrant dans aucune case. Triste uniformisation sociale.

Né en 43 à Alger, il écrit, filme, raconte, nous aide à nous interroger et à rêver.

Le voyage peut être douloureux car il ne livre pas toute la magie attendue. Les rencontres ne se font pas, la tension est palpable, les rues sont vides et même la lumière vous oppresse ou vous évite. Lorsque j’ai embarqué dans sa voiture à Chicago j’étais pleine d’espoir. Au fil des pages, je me suis demandée ce que je foutais là à trainer dans des motels, des souvenirs de la 66 made in China. Les petites fictions de Monsieur Sarner glissaient sur moi. J’avais envie d’un billet retour. Les Amériques c’est pas pour moi.

Rêve ou cauchemar ?

Et puis je me suis accrochée à la portière. Ce n’était pas possible de finir au beau milieu de cette route comme une chienne abandonnée par ses maitres en plein mois d’août. Je me sentis mieux au Nouveau Mexique et aux milieux de ces grands espaces, à l’Ouest toute. Une Bretonne a besoin d’horizon.

Rester deux nuits à El Rancho hotel à Gallup. Rencontrer le peuple Zuni. Relire les passages sur le Diablo Canyon. Se renseigner sur quelques sites sacrés des Navajos et des Apaches.
S’éterniser en Arizona. Flâner à Flagstaff mais éviter ces shops d’armes, dormir à l’hôtel Monte Vista et trembler aux moindres craquement de poutres.
Partager une ou deux bières avec Ana Maria à Seligman ferait aussi partie de ce voyage à la Sarner…

Je garde précieusement ce livre. Il fera partie un jour j’espère de mon road trip.

Découvrez aussi son documentaire pour France 5, lauréat de la Scam en 2007.

Que reste-t-il au bout de la route, ici, à 3 645 km de Chicago ?
J’ai aimé comme toujours la route pour elle-même, comme une image de la vie. Chez les personnes, j’ai aimé cette spontanéité, leur générosité immédiate dans la communication. La plupart du temps, je me suis senti étranger dans les grandes villes, chaque fois que je sortais de la vieille 66. Alors est-ce un pays que j’ai regardé ou plutôt un rêve que j’ai suivi. Comme si en choisissant une route démodée, j’avais traversé une Amérique idéale, presque une illusion…

Eric Sarner – La route 66, le rêve américain

Tribulations d’un con

Premier roman d’Héloïse Deschepper


Dès les premières pages je suis passée par les montagnes russes.
J’ai préféré le poser et reprendre mes esprits.

Peut-être que cet ascenseur émotionnel était provoqué par le fait que l’écrivaine et moi n’étions pas étrangères.

Héloïse c’est une histoire commune d’écriture sur le net, de bavardage de nos fenêtres pendant ces longues semaines de confinement, de plaisir partagé et d’un profond respect. Alors j’ai pris peur de ne pas être objective.
C’était idiot. Forcément cette fille me touche, me fait rire, m’intéresse. Ce livre est le prolongement. De sa plume, ses mots sont un cadeau pour ses filles, pour les hommes et les femmes que nous sommes. Dans nos imperfections, nos désirs, nos erreurs, aussi notre force à renaître.

Héloïse n’a pas peur du diable et de ses démons.
Elle libère les tabous. J’aime cela. Une force, une âme et une arme… remplie d’amour et d’optimisme, même si cela peut paraître amer.

La vie quoi ! Comme le chante si fort Cali.

Félicitations pour ce premier livre que j’ai vite repris et lu avec beaucoup de plaisir. Une nouvelle page s’ouvre.

« Les parfums d’un jardin qui s’éveille,
des grains de café qu’on emprisonne,
un vieux fou qui parle à sa mère,
un hors sujet dans une boîte à chaussures,
la spiritualité d’un bain de minuit,
les ados d’avant Internet,
la playlist de France Inter un jour de grève,
l’aérographie d’un clitoris jovial,
Un roman à l’eau de rose… Avec les épines ! »

DISPONIBLE SUR COMMANDE AUX EDITIONS 5 minutes pour moi toute seule

New burlesque de Katharina Bosse

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Malgré ma déception après avoir vu le film « Tournée », ce milieu de plumes et de strass me fascine.
J’aimerais vous parler du livre New burlesque de Katharina Bosse. J’ai découvert ce photographe à l’Imagerie, à Lannion.

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