Des Racines et des Ailes

Passion patrimoine : sur le sentier des douaniers en Bretagne

Le cœur bat vite ! je vais me prendre une claque ! Pour comprendre pourquoi ma tension artérielle est en haut débit, un petit récap.
Devant notre écran, avec les copines les commentaires ont fusé. Pourquoi la jupette passe en dernier ! à 1h 47m et 13s exactement…le meilleur pour la fin ? pas convaincue (tout le monde est parti se coucher !!).
Bon je vous avoue un peu déçue de ne pas avoir pu continuer le tournage en raison des X confinements, couvres feu, plannings qui ne collaient plus avec l’équipe. Il y avait tant à dire sur la presqu’île de Crozon, la pointe du Raz, la baie d’Audierne, etc.
Contente des retours que j’ai pu avoir. MERCI MERCI MERCI pour vos messages, de mes collègues de boulot, de ma famille, des quelques amis fidèles qui m’entourent (non Hugh Grant ne m’a pas contactée, ni Michel Drucker. Ils ont dû perdre mon numéro dans leur machine à laver).

Le sentier côtier accessible à tous ?

Mon chéribibi et poupette sont fiers. Mais… tout est relatif et c’est tant mieux… Une remarque très pertinente de ma fille, je n’y avais pas fait attention. « Tu as dit que le sentier côtier était accessible à tous… non tu n’aurais pas dû dire cela. ».
J’ai effectivement dit cela. Et rajouté « même pour les moins sportifs » ou quelque chose comme ça. Elle a raison. Non tous les sentiers côtiers ne sont pas accessibles à tous. Mea culpa, carton rouge. Elle m’a regardée avec son air de… « j’ai passé l’âge ».
Je vais essayer de rectifier cela. Un lien très utile à partager : Handi-Tourisme sur le site de Tourisme en Bretagne. Des idées de balade, plages accessibles, établissements adaptés et randonnées accompagnées.

Je pense que l’émission est visible en replay sur la chaîne France 3.
La suite ? grâce à l’émission, j’espère avoir quelques contacts avec des motardes, motards, photographes, caméraman, etc, partant pour m’aider dans mon projet d’un événement 100% motarde en Sud Finistère, en 2022. A suivre !

Le sentier des douaniers breton, emprunté par 9 millions de marcheurs chaque année, est un condensé de la Bretagne, de ses merveilles naturelles et de son patrimoine. Sur 2000 km, le GR34 chemine du Mont-Saint-Michel à Saint-Nazaire. À Saint-Malo, Olivier de la Rivière, auteur malouin, ouvre les portes de sa maison, qu’il restaure depuis 15 ans.

L’équipe de tournage en Finistère Sud

Documentaire écrit et réalisé par Saléha Gherdane, le son : Raphaël Beauvois, les images : Guillaume Bression, le montage : Didier Maertens.
Production du documentaire : Société éclectic

Les auberges de jeunesse sont-ils réservées qu’aux jeunes ?

JO&JOE Hossegor a la réponse

Grand départ avec ma Guzzi Milano

Début juin, une envie pressante de prendre Roberto par le bras et de partir hors des frontières bretonnes.
Je ne sais pas quelle mouche m’a piquée. sachant que je n’avais jamais quitté mon Finistère seule en moto.
Au début l’homme ne me prenait pas trop au sérieux. La panique l’a envahi quand une semaine avant de partir, j’étais toujours décidée. Je ris doucement (il ne m’en voudra pas) quand je revois sa tête me demandant « et comment tu vas faire pour… » « tu as pensé à … » moi lui répondre « chais pas… ».
Le monde ne tournait plus rond ! il devenait fou.
Me voilà partie. l’homme est inquiet mais il comprend. Arrivée à Hossegor le lendemain. Plutôt fatiguée par les bouchons de Bordeaux, les orages, et ses gants qui collent au péage !! mais tellement heureuse avec Roberto on formait un duo de choc. Cette machine m’attendait c’est sûr.

Quimper-Hossegor – contente d’être arrivée avec ma Guzzi MILANO 750
Jo&Joe Hossegor @jo&joe

Maison landaise à deux pas de la mer

Je n’avais rien réservé pour mon arrivée. ne sachant pas où j’allais arriver en fait. Je regarde sur le portable. tiens une auberge de jeunesse sympa, vu à la télé dans l’émission La Maison France 5. Son nom est plutôt rigolo : JO&JOE
J’hésite.
Dans le mot auberge de jeunesse il y a jeunesse.
Après tout, après avoir traversé la France saine et sauve, est-ce qu’un vent (non madame après 35 ans on accepte pas les seniors) pouvait bien m’atteindre ?
Are you talking to me ? Savent-ils que j’ai environ 30 ans dans ma tête… (20 parfois à partir de 4 Sex on the beach).
Le prix est surtout alléchant. n’ayant pas tout… enfin rien prévu en fait… etc… désolé je suis geek, pas comptable.

Dortoir de filles – impec – propre et très pratique (rideau occultant/prises USB)

Le coton tige dans le nez pour le test, me voilà au chaud dans le dortoir réservé aux filles (il existe des chambres individuelles). le bonheur. l’endroit est extra, coloré, joyeux, ma voisine adorable. Elle est d’une grande gentillesse. elle ressemble à ma lolita. je ne pouvais pas rêver mieux. Et comme la vie est bien faite, elle adore la moto. partage cette passion avec son père depuis toute petite. Elle fait partie du moto club de Pecquencourt. un grand salon de la moto a lieu tous les ans (une idée de vacances 😉

T’es pas jeune, pas surfeuse, qu’importe !


L’auberge JO&JOE est quand même unique ! à 5 min de la plage, tu peux aller surfer ou accéder rapidement au centre ville. Un superbe bar paillote, des burgers délicieux, des gros poufs pour glander, des DJ set. impect pour les générations Y Z !. Certains un peu surpris de me voir là (tous n’ont pas un esprit routard et passe leur été dans les canapés aux frais de papa maman. La jeunesse ne fait pas le jeune).
J’ai super bien dormi (très important quand même !).
Merci à l’ensemble du staff pour leur accueil et nos discussions sur les sirènes et les tritons. Ma moto a été bien gardée sur le parking privé (même si j’ai pu comprendre avec le boss qu’il n’était pas trop branché moto. ça arrive ce n’est pas un défaut- je me force à l’écrire je suis dans la com aahaa).

Comment se séparer de sa Harley

Refaire sa vie en Guzzi, ne rien regretter !

C’est possible ! une préparation psychologique voire physique vous sera nécessaire. Attendez-vous à perdre quelques bikers barbus ou bikeuses indécrottables sur la route. Mais sincèrement, passer de Harley à Guzzi (ou à Honda !) vous ouvrira d’autres horizons… et ne changera rien à votre passion pour la moto. Bien au contraire !!

J’ai dit bye au poulpe. Ce 883 bien modifié s’ennuyait un peu avec moi. Il avait envie de nager dans d’autres océans. Et je trouvais qu’il commençait à sentir le bulot de Saint Malo. Il a trouvé rapidement un autre matelot. Un mâle un vrai qui aime les Haaarley. D’un air décidé il l’a embarqué dans le pays bigouden. Bon vent mon poulpe (n’oublie pas de rajouter un peu d’huile dans tes tentacules, sinon tu risques de dessécher vite fait).

Ma GUZZI V7 Milano

Je n’ai pas pleuré longtemps. En fait pas du tout. Je crois que c’est plutôt mon entourage qui s’est fait des films… un mélange de BURN OUT avec François Civil, de PARTIR avec Sergi Lopez et d’un guide… celui de la famille (des motards) parfaite. Un peu plus ils m’internaient.

Je n’ai pas flanché. J’ai tenu bon pour Roberto. Un 750 V7 modèle Milano. style néorétro, Roberto fait 210 kg, 6 vitesses huuu, bicylindre en V, injection, un réservoir de 21 litres huuuu. Je me suis équipée de 2 selles. Une plus basse en gel pour les trajets solo. Une plus vintage d’origine mais rehaussée. Pour mon petit gabarit un peu haute mais plus jolie. Pas de kit de rabaissement possible pour cette moto.

Vous allez penser que je suis folle. Mais pour le coup j’ai l’impression que Roberto m’aime bien. Il aime partir seul avec moi. Serait même un peu jaloux de mon homme. Me tempère. La vitesse très peu pour lui. Me fait confiance. Oui je suis sous le charme.

Guzzi Milano V7 – Brest – port de commerce
Guzzi Milano V7 – Brest – port de commerce

Le charme italien

Je ne connais personne (et plus personne en Harley Davidson !) qui roule en GUZZI. Mais ça me convient. Je commençais à trouver ça ridicule voire réducteur d’imaginer qu’une moto n’est que le prolongement de la personne. Ok c’est un style de vie bien particulier mais les bikeurs ne sont pas si différents des autres motards. Je fuis tout esprit obtus et conservateur.
J’aime Harley (et les poulpes) pour son histoire, son son, sa beauté de ligne, son moteur… mais j’aime aussi Guzzi pour son esprit aventure, son histoire, ses records sur circuit, ses lignes intemporels, sobre et chic à la fois.

Si une moto est le prolongement d’une personne… Et bien elle change avec elle non ? Rouler en motobécane 51v à 16 ans c’est amusant… à 40 un peu moins. Vous me suivez ?

GUZZI a fêté ses 100 ans. moi pas encore. J’espère encore en profiter !

A l’extrême ouest, des femmes et des hommes chevronnés

Plogoff, haut lieu de la Résistance

Ce billet est d’actualité comme un écho qui résonne à l’approche des élections de juin 2021 et 2022.

Elles approchent comme le énième déconfinement. S’aérer l’esprit, couper la téloche, sortir de son cocoon. Avant de reprendre une vie « presque » normale, j’ai pris la direction de Plogoff, petite commune à l’extrémité la plus à l’ouest du Finistère, de la Bretagne, et de la France !

J’avais envie de me frotter aux éléments avec un temps bien gris et la pluie menaçante. Ça remet une bretonne d’équerre !

Pors Loubous, un port abri historique


Il est rare que je quitte la route principale pour m’aventurer près des ports et falaises. Pas toujours évident de manœuvrer en moto au bout de ces impasses, avec ces côtes rocheuses pas très accueillantes. Et la frousse de dévaler avec ma pétrolette dans l’eau glacée calme un peu les ardeurs.

On calcule souvent l’IMC (vous savez pour maigrir). Il serait intéressant de calculer aussi l’IMM, l’Indice de Masse Motorisée. Avec mes 53 kilos face à 250 kilos de la Harley Sportster, je pense qu’un appareil mesurant l’IMM exploserait !

Mais bon allez j’y suis et j’y reste. Et je profite de ce magnifique paysage au port-abri de Pors Loubous. Même violent et rude, ce site chargé d’histoire vous coupe le souffle.

Vidéo Les Ports Abris du Cap Sizun

Au début du 20e siècle, le port Abri Loubous est très actif. Pendant la seconde guerre mondiale, il a vu des combattants, des résistants, débarquer ici. C’est très émouvant de s’imaginer ces hommes dans des canots sur une mer agitée. Elle peut t’avaler en une bouchée. Les risques qu’ils ont pris… la peur, le froid, sûrement la faim en temps de guerre. Je suis admirative.

Ce site est traversé par le GR34. Une belle idée de randonnée.

Plogoff – Port Abri – Pors Loubous

Malheureusement les histoires tragiques se répètent. Ce sont aujourd’hui des femmes, des enfants, des hommes qui fuient leurs pays en guerre ou n’offrant plus aucun avenir. Ce sont dans ces ports, en Méditerranée qu’ils rêvent d’accoster… Sur des terres en sécurité.

Port de Bestrée – Pointe du Raz – Plogoff

Alors non je ne pense pas que voter la blonde qui se pavane à la Trinité avec Kersauson soit la solution. Même si parfois nous sommes écœurés, désespérés, blessés, en colère. Parce que personne ne souhaite être dans ces barques à essayer de sauver sa peau ou la peau de sa femme, sa fille, son fils, son bébé…
Une vie c’est précieux. L’Histoire nous le rappelle. Notre démocratie aussi.

Profitez bien de la vie, de ce qu’elle vous offre ! bye bye

Cap Sizun – Pointe du Raz – Plogoff (29)

Facteur pour femmes livre 2

Cœurs et corps meurtris

Facteur pour femmes – le livre 2 – de Didier Quella-Guyot, scénariste et Manu Cassier, dessinateur

Revenir sur ses terres.
Retrouver sa famille, son logis.
Son île souvent perçue comme une prison mais devenue paradis dans les mémoires des combattants.

Juin 1914, tout a basculé sur cette île bretonne. Pêcheurs, paysans, curé et instituteur meurent pour leur patrie. Après le désespoir, leurs épouses n’ont pas d’autres choix… que de retrousser leurs manches. De mois en mois, d’année en année, chaque partie du corps de celui qui partageait le lit clos, parfois haï, souvent désiré, n’appelle plus leurs sens. C’est près de Maël, jeune facteur réformé que ce plaisir renaît – lire le livre 1.
Dans les tranchées, une carte postale postée par Maël, serrée fort dans les mains tremblantes, porte la souffrance des soldats.
1918, quelques survivants rentrent. Reprendre l’ouvrage et reprendre sa place au sein du foyer. Pourtant tout a changé sur cette petit île ; plus rien ne ressemble à la photo jaunie ou à la carte postale cornée. Il y a de lourds secrets que les femmes plus fragiles n’arrivent plus à garder.

Se libérer de l’oppression

Le retour des îliens pour ce second tome bouscule de nouveau le quotidien des travailleuses. Elles ont lutté et aussi combattu. La guerre ne s’est pas faite par les armes mais par les outils, la sueur, la solidarité. Dans les champs, sur le front de mer, par tous les temps, elles ont lutté pour survivre. Elles souhaitent la paix. La bataille reprend au retour des maris. Certaines n’auront de cesse de se libérer de cette oppression. La liberté elles l’ont gagnée par la sueur du labeur.
L’après-guerre n’a rien d’idyllique. L’émancipation reste encore réservée à une classe sociale. En Bretagne et dans toutes les campagnes de France, les femmes se heurtent aux refus des hommes de reconnaitre l’égalité.

Coiffes, costumes et patrimoine breton

Toujours curieuse (oui je sais ça fatigue mon entourage), il a bien fallu que je sache où se passe cette fiction. J’avais en tête depuis le début qu’elle se passait à l’Ile de Sein. Vous allez me dire Quelle importance ! Oui et non. La terre, les éléments, la situation géographique. Tous ces éléments sont importants. Ils définissent un territoire où une population s’adapte à la région et se forge un caractère.
Ma copine Nolwenn, reine de Cornouaille dans les années 90 (je sais plus si c’est 91 ou 99), pense que ces coiffes joliment dessinées par Manu Cassier, proviennent du Pays Vannetais et plus particulièrement de l’Ile de Groix. J’ai pour cela suivi un tuto de 15 min sur la pose de coiffe groisillonne… Maintenant je peux vous poser une coiffe sans vous transpercer le crâne. Enfin on ne va pas s’exciter tout de suite quand même !

Les auteurs

Didier Quella-Guyot, scénariste, Professeur de lettres, auteur d’ouvrages pédagogiques et critique de bandes dessinées collabore pour le premier tome de Facteur pour femmes avec Sébastien Morice, dessinateur, né à Vannes en 1974.

Pour le numéro 2, Didier Quella-Guyot s’associe avec Manu Cassier, dessinateur, né à Paris en 1972. Sa première collaboration avec Didier donne naissance au livre Esclaves de l’île de Pâques, paru en 2018.

Dualité de paysages, de caractères…

Pour ce second opus, même scénariste, Didier, dessinateur différent, Manu.
En feuilletant les pages du livre 2, j’ai rapidement saisi des mines plutôt inquiètes, de la tristesse voire de la colère. Les personnages semblaient soucieux.

Effectivement, ces auteurs n’ont pas donné le rôle de Belle des champs à nos héroïnes. Et c’est ce qui m’a plu. Autant le premier tome semble idyllique. Peut-être romantique je dirais. Autant l’univers de Manu Cassier est plus mélancolique.
Facteur pour femmes 2 m’a semblé plus brutal. Vivre sur une île n’a rien de facile. Les corps et les humeurs se heurtent parfois au dur quotidien (cela ne veut pas dire que ce n’est pas magnifique et enrichissant d’y vivre). Cela a résonné beaucoup plus en moi, la bretonne que je suis.
Ces deux tomes se complètent parfaitement ! Le romantisme de la Bretagne et toute sa dureté. Deux très beaux ouvrages.
Comme une femme, comme un homme, ce qui fait de nous notre originalité !
Avec plaisir, je serais heureuse d’offrir ces deux tomes aux éditions Bamboo si vous pouvez vous rendre sur Quimper (j’aime quand les livres continuent à vivre). Pour cela un mail à jupettedejeannette Arobase gmail point com 🙂

Femmes de nos îles bretonnes

une BD historique lors de la première guerre mondiale, sur une île bretonne.

Facteur pour femmes

facteur pour femmes – scénario Didier Quella-Guyot – dessins Sébastien Morice

28 juin 1914, les hommes les plus vaillants d’une petite île bretonne sont appelés à la guerre. Reste Maël, un homme un peu perdu, un peu bancale, surtout mal aimé. Lankou a soufflé trop fort sur l’ombre maternelle le jour de sa naissance.
Maël ne marche pas vite mais pédale fort. Les anciens restés sur l’île lui confient alors la distribution du courrier.
Des lettres des soldats du front, Maël vivra par procuration.
Reste Maël et les femmes. Mélangeant fantasmes et réalité, il reprend vie pendant que d’autres la perdent. Le curé du village missionné, plus de confesse à l’église, les secrets se dérobent derrière les plis des enveloppes cachetés…

Sensualité bretonne

Au fil des jours, des mois, les peaux se touchent : « Alors la fougue de son ventre vient se pâmer au pied du phare, dans un éclaboussement haletant et blême… ses soupirs et ses petits cris se mêlent à ceux des mouettes… bientôt c’est l’étale… Nolwenn rêve à nouveau de grandes marées… ».

Sensibilité féministe

Ces femmes au service de la nation participent à l’effort de guerre. Les champs sont cultivés, les bêtes soignées, les étables nettoyées. Elles remplacent les hommes. Prémisses des mouvements féministes, c’est aussi à travers leur corps qu’elle revendique leur liberté.

Tout m’a charmée dans cette BD historique. La beauté des traits, les couleurs, l’histoire de Maël à la fois cruelle, tendre, comme un bonbon caramel collé aux dents… ces éléments naturels, ces caractères mêlés comme tous ces contrastes des côtes bretonnes. Menaçantes. Dérangeantes. Fragiles. Magnifiques. Sincères…

Le livre a reçu le grand prix de la BD bretonne au festival Penn ar BD à Quimper aux éditions Grand Angle, en 2016.
lire l’article et découvrir la magnifique affiche de Morice

Le tome 2 paru début mars 2021 porte un secret. Et les secrets enfouis ne tardent pas à ressurgir. ça cause toujours dans nos petits bourgs bretons.
Je vous en parle très vite.
En cette période compliquée, j’espère que vous arrivez à vous évader.
Prenez bien soin de vous

Sous le garde boue des filles

Garde boue Harley Japan Style

Oui je dirais bien 4 ans… 4 ans que j’attendais cette petite jupette collée au pneu arrière de mon sportster. Un beau garde boue pour le poulpe qui vole au vent.

Dans le Japan Staïïle (mets toi un Bic entre les chicots), l’ours a mis un coup de tronçonneuse pour raccourcir l’ourlet. J’adoooooooore

Maintenant pour le fun je mettrai bien ma signature à l’intérieur. Quoique j’hésite… (combien ça peut coûter cette affaire). Et j’aurais un peu l’impression de ressortir ma trousse d’écolière avec écrit mon nom. Accolé à des cœurs et des initiales de boutonneux..

Je crois que je vais encore réfléchir… Ça peut être très gênant de regarder sous le garde boue des filles.

Sur la route 66 d’Éric Sarner

Que reste-t-il du rêve américain ?

Sur la route 66, Petites fictions d’Amérique

« L’espace américain sidère. On a beau l’avoir vu cent fois au cinéma et même l’avoir physiquement traversé, la nature vous y attrape chaque fois à la gorge. »

Eric Sarner

Eric Sarner est journaliste, poète et aventurier. Ces trois caractéristiques m’intéressent. Il est rare qu’on place à côté du mot journaliste le mot poète. Comme si cela était trop abstrait, ne rentrant dans aucune case. Triste uniformisation sociale.

Né en 43 à Alger, il écrit, filme, raconte, nous aide à nous interroger et à rêver.

Le voyage peut être douloureux car il ne livre pas toute la magie attendue. Les rencontres ne se font pas, la tension est palpable, les rues sont vides et même la lumière vous oppresse ou vous évite. Lorsque j’ai embarqué dans sa voiture à Chicago j’étais pleine d’espoir. Au fil des pages, je me suis demandée ce que je foutais là à trainer dans des motels, des souvenirs de la 66 made in China. Les petites fictions de Monsieur Sarner glissaient sur moi. J’avais envie d’un billet retour. Les Amériques c’est pas pour moi.

Rêve ou cauchemar ?

Et puis je me suis accrochée à la portière. Ce n’était pas possible de finir au beau milieu de cette route comme une chienne abandonnée par ses maitres en plein mois d’août. Je me sentis mieux au Nouveau Mexique et aux milieux de ces grands espaces, à l’Ouest toute. Une Bretonne a besoin d’horizon.

Rester deux nuits à El Rancho hotel à Gallup. Rencontrer le peuple Zuni. Relire les passages sur le Diablo Canyon. Se renseigner sur quelques sites sacrés des Navajos et des Apaches.
S’éterniser en Arizona. Flâner à Flagstaff mais éviter ces shops d’armes, dormir à l’hôtel Monte Vista et trembler aux moindres craquement de poutres.
Partager une ou deux bières avec Ana Maria à Seligman ferait aussi partie de ce voyage à la Sarner…

Je garde précieusement ce livre. Il fera partie un jour j’espère de mon road trip.

Découvrez aussi son documentaire pour France 5, lauréat de la Scam en 2007.

Que reste-t-il au bout de la route, ici, à 3 645 km de Chicago ?
J’ai aimé comme toujours la route pour elle-même, comme une image de la vie. Chez les personnes, j’ai aimé cette spontanéité, leur générosité immédiate dans la communication. La plupart du temps, je me suis senti étranger dans les grandes villes, chaque fois que je sortais de la vieille 66. Alors est-ce un pays que j’ai regardé ou plutôt un rêve que j’ai suivi. Comme si en choisissant une route démodée, j’avais traversé une Amérique idéale, presque une illusion…

Eric Sarner – La route 66, le rêve américain

Moitié moitié : friperie en ligne et mode engagée

Quand l’upcycling délivre des messages

@ Moitié Moitié

Réunis par une passion commune : la mode vestimentaire et ayant conscience de l’urgence écologique, deux jeunes Lyonnais proposent une collection de vêtements unisexe vintage. La boutique en ligne Moitié Moitié « non genrée » s’inscrit dans une démarche éco-responsable.
Découvrez leur portrait sur Paulette magazine

Un univers pop, old school et engagé !

Ils proposent également une gamme de vêtements customisés.
La 1ère collection « Consentement » porte des messages forts visant à dénoncer le harcèlement de rue et sexuel. Voilà un bel exemple d’upcycling (récupérer des matériaux pour les transformer).

@ Moitié Moitié
@ Moitié Moitié

Sweat à papa

Poupette est la reine pour piquer les sweats à l’ours quand elle a envie de trainer ou a le moral dans les pompes. Fille à papa. Et ce sont dans les friperies qu’elle trouve ses sweats qu’elle partage avec son amoureux (le père est sur la touche pour le coup). Leurs parfums se mélangent. Comme un doudou. Aide à supporter l’absence.

Se faire du bien, se sentir unique, Moitié Moitié sera votre prochain flirt 2021 (pour un flirt avec toi, je ferai n’importe quoi…).

Et je vous souhaite une belle année 2021. J’espère sincèrement le meilleur pour vous et votre famille. Que nous sortions tous indemnes de ce calvaire. Portez vous bien

Culture, ne renonce pas

Culture en période de crise, la sacrifiée

La situation est préoccupante mais ce qui nous attend m’inquiète encore un peu plus. Lisez ce texte de 2012, La culture et la crise de Jérôme Clément, ancien président d’Arte (texte toujours d’actualité).

Il commençait par « Il faut de toute urgence que la culture fasse de nouveau irruption dans la politique. » Je tressaille en lisant cette phrase. Avait-on pensé en 2012 au pire scénario ? Culture, toute forme de culture.. Vont-t-elles subsister ?

Ce qui m’inquiète est que la culture, dans toute l’Histoire, est la première à souffrir en période de crise. Pourtant elle est « indispensable dès le plus jeune âge pour réduire les inégalités et donc les chances d’accéder à une place dans la société, à l’heure où celles-ci s’accroissent et où une partie de la population s’appauvrit » comme le rappelle Jérôme Clément.

Elle permet l’imaginaire et aide à traverser les troubles. Troubles collectifs et individuels.
Un souvenir apparait. Je revois ma lolita, ma petiote rentrant dans l’adolescence.

Des places de concert pour grandir ensemble

Festival des Vieilles Charrues Eté 2016 : un des moments les plus forts vécus en famille. Il faisait très chaud, nous avions cassé la tirelire et le budget vacances pour s’offrir les places. Un peu anxieux car la lolita nous accompagne. Une première pour elle.. et pour nous les parents.

Une fois à l’intérieur du site, la pression baisse. L’ambiance est festive et on se sent en sécurité. La miss est si heureuse. Nous n’avions pas vraiment évalué ce qui allait se passer.
Jain sur la scène. Un son, une voix, et c’est parti ! Notre petit bout de femme se fond rapidement dans la foule avec joie et excitation. Nekfeu. Les mots, les textes, les sons, toutes ces émotions qu’elles ne pouvaient pas nous dire ou exprimer, explosent dans une grande liesse.
Elle a reçu une dose de vie et a vu d’autres jeunes pour la première fois partager avec elle ses mots, ses doutes d’ados. Une communion qui a participé sans aucun doute à sa construction. Sans jugement. Voilà ce qui s’est passé. Ce n’est pas mesurable, c’est si énorme. Voilà la culture. Rassembler, aider à grandir et à se sentir moins seul (les parents grandissent toujours aussi un peu dans ces moments-là).

Le cinéma pour apprendre le monde

Me concernant le cinéma est ma perfusion culturelle. Il peut parfois m’amener à changer de vision sur le monde. Pour exemple, j’ai souvenir du film La Dernière Marche avec Sean Penn sur le thème de la peine de mort… J’étais jeune et je n’arrivais pas je l’avoue à me placer sur cette question. Ce film a été une révélation. Il y en a tant d’autres….

Je pourrais continuer la liste sur les livres, sur les roads books qui aident à voyager pendant les confinements. Etc. Etc.

Jérôme Clément termine son article avec un « Vite, vite, on étouffe ! »

Visionnaire ?

Croisons les doigts pour que toutes ces richesses ne s’envolent pas, par un souffle maladif.
Prenez bien soin de vous.
Ci-dessous un moment unique passé aux Vieilles Charrues.